L’Open Innovation sous toutes ses facettes
Synthèse de l’atelier co-organisé par Les Amis de Centrale Lyon et PWN Lyon
Nouvelle formule, nouveau format pour une soirée inédite autour de l’Open Innovation, co-organisée par Les Amis de Centrale Lyon et PWN Lyon, en partenariat avec en partenariat avec le Life Hub Lyon du Groupe Bayer et en présence de représentants d’initiatives variées en la matière.
L’Open Innovation (OI) est un concept fréquemment évoqué, mais quelles réalités concrètes recouvre-t-il exactement ? Est-il exclusivement réservé à la R&D, aux scientifiques et aux industriels ? Implique-t-il un recours systématique au digital ?
Pour répondre à ces questions et décloisonner les pratiques, un atelier participatif, ouvert et collaboratif, a réuni deux réseaux professionnels aux profils très variés : Les Amis de Centrale Lyon et le réseau féminin PWN Lyon, au sein d’un lieu et dispositif phares de l’Open Innovation à Lyon : le Life Hub de Bayer.
L’objectif de cette rencontre était double : permettre aux non-initiés de repartir avec une vision claire de l’OI et des pistes d’intégration dans leur quotidien professionnel, et offrir aux initiés de nouvelles perspectives inspirées d’autres secteurs. À travers une dynamique interactive en trois rounds de pitchs challengés par un ping-pong de questions-réponses, les retours d’expérience ont démontré que l’OI est une tendance de fond qui s’applique à toutes les tailles d’organisations (du grand groupe à la PME en passant par le milieu associatif) et à toutes les fonctions (de la R&D aux Ressources Humaines).
Au-delà de la R&D : une culture de la transformation et du partage
L’Open Innovation ne se cantonne pas aux laboratoires de recherche, elle impose avant tout un changement de paradigme et une évolution de la culture organisationnelle. Si elle reste un levier puissant en R&D — comme l’illustrent la mobilisation mondiale pour contrer la rouille du soja, à l’initiative de Bayer CropScience ou le recours à l’expertise académique externe par Biomérieux via des partenariats universitaires pour enrichir le diagnostic des maladies infectieuses —, elle s’étend aujourd’hui à des domaines beaucoup plus transversaux.
L’OI s’applique ainsi avec succès aux Ressources Humaines et au management. Le réseau associatif PWN applique par exemple ces méthodes au leadership à travers son incubateur de mixité inter-entreprises, Tandem. De même, la transformation des entreprises et la gouvernance stratégique se nourrissent désormais dispositifs collaboratifs inédits, tel que le mécénat de compétences entre Grands groupes et PME développé par Alliances & Territoires, ou le partage de visions au sein de cercles de prospective inter-entreprises et multi-secteurs.
Un écosystème élargi : start-ups, fournisseurs et plateformes digitales
L’un des grands enseignements de cet atelier est la diversité des configurations partenariales. L’OI permet par exemple de lier la force de frappe des entreprises , à l’agilité des start-ups pour mieux servir le client final, pratique très développée dans les grands groupes qui infusent désormais dans les PME, comme en témoignent les expériences de co-innovation d’Anavéo et de Netfreak. Elle redéfinit également les relations verticales traditionnelles : des géants de l’agroalimentaire, comme Bonduelle, s’ouvrent ainsi directement à leurs producteurs et fournisseurs pour co-innover, par exemple autour des potagers connectés.
Pour structurer ces interactions, le numérique joue un rôle de facilitateur technique indispensable. L’utilisation de plateformes dédiées permet de digitaliser et d’optimiser la relation avec les start-ups et de piloter les flux d’innovation ouverte, à l’image de Bloomflow chez Bayer.
Relever les grands défis industriels et environnementaux par l’ouverture
L’ouverture des organisations s’avère particulièrement efficace pour lever des verrous technologiques complexes et globaux. Face au défi de rendre la bioproduction de médicaments et de vaccins plus durable, l’exposition transparente, par Sanofi, d’une problématique industrielle majeure —la gestion des plastiques à usage unique — peut générer une mobilisation internationale massive (plus d’une centaine de start-ups issues de dizaines de pays répondant à l’appel).
Cette démarche d’ouverture se traduit concrètement de multiples façons : du cercle de prospective inter-entreprises multi-secteur R&RP50, à la création de tiers-lieux dédiés, de « hubs d’innovation », de laboratoires de santé connectés qui s’ouvrent progressivement à tout un écosystème : partenaires technologiques, clients, étudiants, start-ups et usagers finaux.
En conclusion, l’Open Innovation n’est ni un gadget numérique, ni un privilège réservé à la recherche pure. C’est avant tout un état d’esprit, une démarche managériale et technique structurée qui permet d’aller chercher l’expertise là où elle se trouve pour accélérer la résolution de problèmes complexes ou réinventer le management interne.



